04.08.2006

Sortons de notre sclérose !

 

Chers amis,

   Avant de partir cinq jours à la mer, je souhaitais soumettre à votre réflexion un texte assez intéressant de l'évêque émérite d' Amiens , Mgr Jacques Noyer, que j'ai trouvé sur la toile. Ce texte écrit à l'occasion de la polémique autour du livre de l'abbé Pierre est, au-delà de cette affaire que je ne souhaite pas remettre sur le tapis, très éclairant sur la sclérose actuelle d'une partie de notre Eglise catholique qui a du mal à vivre du souffle de l'Esprit, pour partir à la rencontre des gens d'aujourd'hui ou des individus mis au ban de la communauté ecclesiale et autres chrétiens de second zone à qui l'on refuse des sacrements au nom de la VERITE. A croire que la vérité est un Pharaon autour duquel on tournerait en extase et qui excluerait par la voix de ses ministres tel ou tel individu...Or la Vérité c'est une Personne, Jésus Christ, le premier des exclus,  c'est un peu ce que nous rappelle ce texte. Il vient aussi nous dire l'urgence pour  une partie de l'Eglise de descendre de son nuage pour regarder l'humanité dans les yeux.

Une petite méditation sur le pharisianisme aujourd'hui, attitude qui concerne tout le monde et pas seulement les homophobes ....

 

     J’ai lu les confidences récentes de l’Abbé Pierre auprès de Frédéric Lenoir. Je les ai reçues comme des goulées de liqueur réconfortante. La longue vie intérieure dont il témoigne avec tant de simplicité et de vérité a dessiné pour moi un chemin sur le quel, de mon coté, je tente d’avancer.

 

Les réactions provoquées par ce livre, tant chez certains reponsables de notre église catholique que dans le courrier de plusieurs journeaux, m'ont fait du mal. Elles manifestent deux Eglises contradictoires incapables de se comprendre. D'un coté, des hommes travaillés au coeur par l'Esprit ; de l'autre des Docteurs cachant leur humanité derrière la Vérité qu'ils proclament. D'un coté, un peuple de pécheurs portant le feu de Dieu dans des vases fragiles; de l'autre, une insitution cachant son arrière-boutique douteuse derrière la vitrine éclairée de mille feux. On peut appeler voyeurisme le désir des journalistes d'aller visiter les fonds du magasin.Il peut y avoir chez l'un ou l'autre du plaisir à déboulonner la statue d'un prophête dérangeant. On peut regretter les implications mercantiles qu'engendrent des interviews exclusives pour tel ou tel média.On peut aussi, comme le fait l'Abbé lui même, déplorer qu'on ne lise que quelques pages de son livre en oubliant le bel acte de foi trinitaire et euchatistique qui en est le centre. Mais on ne peut soupconner les complices de son témoignage de lui avoir extorqué des secrets. Le faire, c'est dénaturer la fécondité d'une telle parole.

 

Certains ont été choqués par la découverte qu'un saint n'est pas à l'abri des tentations ou des faiblesses. On lui a reproché d'avoir confondu la télé et le confessionnal. Des prêtres ont pu craindre qu'on jette le doute sur leur propre fidèlité. Cela révéle quel pharisaisme guette notre vertu ! Sans livrer à l'opinion des secréts d'alcove, doit-on se cacher pour dire qu'on est pécheur ? D'autres sont se sont scandalisés qu'un voix aussi importante dans notre Eglise de France envisage l'appel au sacerdoce d'hommes mariés, et même de femmes, alors que le Pape a exprimé si nettement un avis contraire. C'est dire à quel point s'est installé une peur de penser et de dire dans certaines sphères de notre Eglise.

 

L'Abbé Pierre a su, tout au long de sa vie, faire entendre l'Evangile en réveillant dans les consciences endormies l'esprit des béatitudes. Tant de sermons, légitimement soucieux d'orthodoxie, appuyés sur les dogmes, les conciles et les catéchismes passent, inefficaces, sur les foules somnolentes.

 

Une fois de plus, il donne voix et figure d'une Eglise capable de donner un sens aux questions des hommes. Pour cela, il a parlé vrai, sans réciter un discours tout fait. Cela fait tant de bien d'entendre Jésus aujourd'hui dans la vérité d'un homme.

 

 

22.06.2006

Intentions de prière

Chers amis,

 

   Je sors de mon mutisme avant un retour régulier en ligne dès le 9 juillet, pour confier à votre prière mon accompagnateur spirituel, le Père Bernard dont je parle dans mon témoignage. Il a été victime d'un grave accident de santé dimanche dernier. Il est pour moi un véritable grand père dans la foi et m'accompagne sur mon chemin de chrétien homosexuel depuis plus d'un an.  Prions pour lui et sa famille.

D'avance je vous remercie pour le soutien que vous lui apporterez dans la prière.

 

à bientôt

 

 Aelred

12.04.2006

Le pardon d'un évêque

    Avant de vous faire partager la suite des méditations de Zundel sur la Semaine Sainte pour que nous avancions ensemble vers le Golgotha et l'aube du jour du Pâques,  je voulais saluer la démarche de Mgr Michel Santier, évêque de Luçon (Vendée), que certains de mes amis bloggueurs ont déjà souligné. Mais quand des attitudes sont positives et pleines d'espoir il convient de les louer. Ainsi lors de la messe célébrée à l'occasion de la deuxième assemblée synodale de son diocèse, Mgr Santier évoquant les réponses à la consultation lancée par l'Eglise de Vendée auprès de la population du diocèse, a été frappé par le nombre important de personnes qui témoignent de blessures reçues de l'Eglise, de ses membres, qui ont fait qu'elles se sont éloignées de l'Eglise.

 

C'est donc au nom de l'Eglise dont il est, par la grâce de son ordination épiscopale, l'un des pasteurs, qu'il a tenu a demandé pardon à tous les blessés de l'Eglise et notamment aux personnes homosexuelles. Je vous laisse avec l'extrait de son sermon.

 

Dans un certain nombre de situations, il s'agit de malentendus, d'incompréhensions, parce qu'on n'a pas su trouver les moyens ni le temps de s'écouter au-delà des différences. Dans d'autres situations, il s'agit de paroles vives, qu'on n'aurait pas voulu dire, mais qui ont été dites et qui laissent des traces dans les coeurs meurtris (...) Dans le passé, en Vendée, l'Eglise était très présente, occupait l'espace social et laissait peu de place à des manières de penser et de vivre la vie humaine et la foi d'une façon différente. Des hommes et des femmes ont souffert de cette emprise de l'Eglise sur leur vie personnelle et sociale. Je pense aussi aux personnes séparées, divorcées-remariées, à d'autres qui vivent une orientation sexuelle qu'ils n'ont pas choisie ; des paroles de jugement prononcées de notre part, alors que nous ignorons la souffrance cachée qui est à l'origine de ces situations, ont pu faire beaucoup de mal. Au début de cette cérémonie j'ai vécu avec vous une démarche de repentance, et au nom de l'Eglise, comme évêque, je vous demande pardon et leur demande pardon.

 

 

10.02.2006

Un prêtre catholique nous parle de Brokeback Mountain

  Je vous livre ci-joint les réflexions très pertinentes d'un prêtre catholique canadien au sujet de ce film qui en a touché plus d'un. C'est une synthèse claire des grands atouts de ce long métrage.

 

Souvenirs de Brokeback Mountain

 

Ce film est assez particulier puisqu'il décrit l'amitié et l'amour entre deux hommes. On est en 1963 dans l'État du Wyoming, époque et État plutôt conservateurs. Un propriétaire de moutons a besoin de deux hommes pour surveiller son troupeau et le protéger contre les prédateurs. Il engage deux jeunes hommes : l'un est un homme de main d'un ranch, l'autre est cowboy de rodéo. Ils vivent seuls avec les animaux dans les vallées des hautes montagnes. Peu à peu, au hasard des circonstances, se développe entre eux une véritable amitié. Cette amitié, toujours au fil des jours et du hasard, se transforme en amour homosexuel. À l'époque et en cet État, cette situation amoureuse n'est pas acceptée. Ils sont donc condamnés à vivre une double vie : les deux se marient, ont des enfants. Ils aiment vraiment leur femme et enfants mais il y a aussi l'obligation de sauver la face devant la société. Mais leur amour réciproque ne s'éteint pas pour autant : ils se donnent, et cela pendant vingt ans, des « parties de pêche » dans les Rocheuses qui sont en fait des rencontres amoureuses. Un jour, leur secret est dévoilé. L'un finira sa vie de façon tragique, l'autre vivra seul et pauvre dans une petite roulotte.

Ang Lee, qui a réalisé le film, a bien posé la question de l'homosexualité dans une société « officiellement et traditionnellement » hétérosexuelle. Il a bien montré combien il est difficile de porter toute sa vie un secret si personnel. Il a montré aussi comme il n'est pas simple de réprimer un sentiment amoureux aussi profond. Il a également posé à la conscience d'aujourd'hui, prétendument plus large et plus ouverte, la question de la tolérance envers les personnes appartenant à cette minorité. Vu sous cet angle, le film fait réfléchir. Il nous oblige à repenser nos idées toutes faites, à réexaminer notre capacité d'acceptation, de compréhension et de tolérance envers ces personnes qui, pour être authentiques, sont amenées à se cacher en quelque sorte.

Le film, qui a été réalisé dans les Rocheuses canadiennes, nous fait découvrir des paysages superbes des montagnes, des lacs et des vallées, et des photos magnifiques du troupeau de moutons qui, telle une vague, ondule dans la plaine. Jake Gyllenhaal et Heath Ledger y interprètent leur rôle difficile de façon vraiment professionnelle. Le film, on le comprend, est un film pour adultes : il comporte quelques scènes, plutôt discrètes, d'amour gay. Le film est, avec raison, très hautement coté non seulement à cause de la finesse et de l'intelligence avec laquelle Ang Lee aborde la question mais aussi avec sa toujours brûlante actualité. Il remportera sans doute quelques Oscars. Il est déjà en nomination pour les Golden Globes.

 

 

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Réflexions autour de Brokeback Mountain

 

Ce film, qui raconte l'histoire de deux jeunes cowboys homosexuels en 1963 dans l'État du Wyoming aux États-Unis, qui a été brillamment réalisé par Ang Lee (Raisons et sentiments) et qui remportera vraisemblablement des Golden Globes et peut-être des Oscars bientôt, donne à réfléchir sur une réalité de tous les temps, bien sûr, mais qui fait particulièrement l'objet de manchettes bien souvent aujourd'hui. On pourra lire, à cet égard, la recension que j'ai faite de ce film dans la rubrique cinéma de mon site.

Ce que je voudrais souligner ici, c'est le phénomène de l'exclusion sociale encore bien présent dans nos sociétés, que celles-ci soient civiles ou même ecclésiastiques. Dans les évangiles, Jésus accorde une place particulière et même privilégiée aux exclus de son temps : les lépreux, la femme adultère, la Samaritaine, certains possédés, etc. Ces exclus l'étaient soit par l'opinion publique, soit par des lois juives et religieuses de l'époque. Jésus apparaît comme un insoumis et un rebelle à ces lois et coutumes et il les ignore sciemment pour rejoindre les personnes qui souffrent profondément de ces exclusions et, au besoin, pour les réintégrer dans la société. Cette manière d'agir du Seigneur, révolutionnaire pour son temps, n'a rien perdu de son actualité pour nous.

Ainsi, dans l'Église, les divorcés remariés, les homosexuels, les prêtres mariés, etc., sont exclus de diverses activités religieuses, cultuelles ou ministérielles pour diverses raisons sans doute bien valables. Mais le temps n'est-il pas venu peut-être de reconsidérer ce hiatus qui semble exister parfois entre certains discours officiels et celui de l'Évangile ?

 

Père Jules Beaulac, prêtre du diocèse de St Hyacinthe - Québec

Voici son site internet :

http://public.ntic.qc.ca/jbeaulac

06.02.2006

Rendre grâce au Seigneur

 Me revoilà chers frères et soeurs dans le Christ.

 

Enfin quelques jours de vacances pour reprendre de l'énergie et rendre grâce au Seigneur pour ce qu'il accomplit dans nos vies. J 'ai en effet réalisé mon coming out auprès de trois amis la semaine dernière  après être allé voir Le secret de Brokeback Mountain.

 

Je voudrais donc d'abord saluer la beauté de ce film qui est un chant à l'amour et à la pureté. J'étais profondément ému devant l'authenticité de l'amour qui lie Ennis del Mar et Jack Twist. Un amour qui devient espace d'une liberté infinie celle qui jaillit de nos coeurs quand nous savons aimer gratuitement.  Puisse ce film transformer la vision de beaucoup de spectateurs sur l'homosexualité.

 

 

 

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 Je voudrais remercier également du fond du coeur les trois amis à qui j'ai fait mon coming out. Trois amis chrétiens qui ont accueilli ces révélations sans problème avec une disponibilité de coeur et d'esprit qui m'a touché. Une nouvelle fois Merci  à vous trois qui lirez mon blog ces jours-ci je n'en doute pas.
Merci également à mes amis bloggeurs et notamment Bruno qui m'a avoué avoir beaucoup évolué grâce à la blogosphère gay chrétienne. 
Je vous dis donc à très bientôt....mais déjà je peux vous dire que vous replongerez dans quelques jours dans la pensée de Maurice Zundel....Vous commencez à y prendre goût et je partagerai volontiers avec vous mon travail préparatoire à l'exposé que je ferai devant le groupe gay de la cathédrale américaine à ce sujet.
Je nous propose de méditer aujourd'hui sur cette courte phrase de Zundel :
Nous sommes les sacrements d'amour pour tous ceux qui ont faim et soif d'amour.

01.01.2006

Une nouvelle année qui recommence....

 Après ces quinze jours de repos et de retrouvailles en famille et avec les amis, dans la joie de la Nativité, il est temps pour moi de reprendre le chemin des études et de revenir dans notre belle capitale.

Je serai de retour le 4 février pour les congés d'hiver. Peut-être essaierais-je de passer avant...

Dans tous les cas, je vous souhaite une nouvelle fois mes meilleurs voeux de bonheur vrai et de joie pour cette année 2006, joie de découvrir la liberté des enfants de Dieu qui nous est donnée chaque jour.

Vous êtes dans ma prière frères et soeurs de la blogosphère gay chrétienne.

En Jésus,

Aelred

22.12.2005

Speravit anima mea in Domino (Psaume CXXIX)

                                          L'instruction publiée par le Vatican sur l'exclusion  des homosexuels des ordres sacrés nous a tous fait souffrir face à la haine, l'aveuglement et la violence dont il fait preuve.  A cela s'ajoutent les propos terribles de Tony Anatrella, prêtre, conseiller pontifical sur les questions d'éthique et de morale, qui entend être le Pape de la psychanalyse chrétienne. Je ne vais pas revenir sur ces documents.

Je nous invite à prier, à vivre l'Eucharistie en communion avec tous les gays chrétiens qui souffrent et qui pourtant font bien parti du corps mystique du Christ, de l'Eglise universelle et à ce titre ont droit comme tous les autres chrétiens à un épanouissement total dans le souffle de l'Esprit. Je nous invite à prier pour le Pape et ses conseillers , pour Tony Anatrella pour que l'Esprit de charité les libère de leur aveuglement destructeur.

 

Je nous invite à prier pour tous les évêques, les prêtres et les chrétiens qui viennent en aide aux souffrances des homosexuels rejetés pour que leur ministère discret  mais o combien efficace et beau aux yeux du Seigneur , soit soutenu par la force de la communion des saints.

Je nous invite à prier pour l'Eglise et pour notre propre conversion, à vivre de l'adoration eucharistique et de la prière mariale pour que le souffle d'amour du Christ vienne guider notre Eglise qui prend l'eau de toutes parts.  Que Marie mère de l'Eglise nous accompagne vers son fils Jésus et intercède pour nous.

 

 

Je vous laisse en compagnie de plusieurs textes de méditation pour que nous entrions dans l'espérance à la veille de la fête de la Nativité conscients de nos limites à tous mais sûrs de la fidélité du Seigneur.

 

  L'Eglise est en crise, Dieu n' a pas été perçu comme la source de la vie, comme l'espace infini où la liberté se découvre et s'accomplit. Le seul témoignage sera celui de notre désappropriation, le témoignage silencieux d'une vie devenue silence qui fait le vide en soi pour accueillir l'amour infini. Un monde peut encore naître ! Rien n'est perdu, l'univers peut encore prendre un sens en devenant l'ostensoir de Dieu et il ne peut le devenir que si nous-mêmes nous devenons l'ostensoir du Christ.  Père Maurice Zundel.

 

Le texte distribué par mes amis Jean-Marc et Théophile devant Saint Séverin lors de la conférence de Tony Anatrella sur la place qu'il attribue aux homosexuels dans l'Eglise. Un texte de paixet de dialogue.

Pourquoi pas nous ?

Dans les récentes positions de l'Eglise Catholique sur l'homosexualité, un pas décisif vient d'être franchi. En effet, l'Enseignement Institutionnel ne se contente plus de dire que les actes homosexuels sont "des dépravations graves, intrinsèquement désordonnées" (Catéchisme de l'Eglise Catholique, 1997. § 2357), mais encore que les tendances homosexuelles sont elles-mêmes "objectivement désordonnées" (Catéchisme de l'Eglise Catholique, 1997. § 2358). Le présupposé de cette affirmation tient dans la certitude que l'unique modèle recevable est celui de l'amour entre un homme et une femme. C'est la raison invoquée dans un récent document pour éloigner du sacerdoce, non seulement les hommes s'affichant comme homosexuels, mais encore les hommes ayant seulement des tendances homosensibles !!!

Cette façon de voir, nous semble-t-il, découle d'une absence de véritable regard contemplatif sur les personnes d'une part, et d'autre part de la peur d'être dépassé par des lobbies gay (il est vrai parfois excessifs dans leurs revendications). Mais entre une spiritualité qui manque d'air et la peur de perdre son identité, où est donc passée l'audance de l'Evangile ? La
Bonne Nouvelle serait-elle donc devenue sélective au cours des âges ? Ne cherche-ton pas à décourager de la sainteté les petits et les pauvres au profit d'une Eglise de purs et bien pensants ?

Il ne s'agit pas ici de cogner pour faire valoir des droits; il ne s'agit pas de revendications insidieuses...il s'agit d'une immense déception due à l'absence de dialogue vrai et serein pour comprendre ce que vivent les personnes homosensibles. Il s'agit d'un immense étonnement devant l'empressement à cadenasser la vie chrétienne à quelques formes établies. Il s'agit d'une immense stupeur devant l'incapacité de l'Institution à inventer avec chacun de nouvelles voies d'épanouissement et de vie véritable sous le regard du Christ.

Qui donc cherchera à comprendre avant de parler ? Qui, d'abord, se plongera dans une prière et une intercession profonde qui embrasse l'univers en silence pouvant alors rejoindre chacun dans l'infinie beauté de son être ? Qui aidera les personnes homosensibles à se pacifier et à se déculpabiliser d'être tels, afin de prétendre un jour pouvoir construire un amour solide et tendre ? Qui acceptera de cheminer sans juger pour permettre à chacun de trouver la fécondité de sa vie ? Où trouverons-nous des êtres qui par leur capacité d'accueil annoncent déjà l'inconditionnel amour de Dieu pour chaque être ?

Il en existe déjà, Dieu merci ! Et qu'il nous soit permis ici de rendre un fervent hommage à tous ceux et celles qui par leur prière, leur métier, leur art, leur façon de penser et d'aimer sont dores et déjà les veilleurs de la bonté de Dieu et les annonciateurs de sa grâce fidèle. Un immense merci à tous nos frères et soeurs homosensibles qui ont résolument pris le parti de Dieu en cherchant à embrasser leur prore humanité.

On demande des saints, des gens pacifiés et généreux pour révéler quelque chose de la grandeur de Dieu. Pourquoi pas nous ?

Signé: un prêtre et un laïc engagé dans l'Eglise.

 

 

3°. Les paroles d'espérance de Mgr Desmond Tutu, archevêque anglican de Johannesburgh.

 

 

“ Je continue de devoir rappeler que la religion en elle même est moralement neutre. La religion est comme un couteau. Quand vous utilisez un couteau pour couper le pain et préparer des sandwiches, ce couteau est bon. Si vous utilisez le même couteau pour poignarder quelqu'un, ce couteau est mauvais.

La religion en elle même n'est ni bonne ni mauvaise... Très souvent les fondamentalistes diront que cette personne a l'onction de Dieu si elle rejoint leur propre position sur, par exemple, l'homosexualité ou l'avortement. Tout ceci m'attriste profondément.

Croyez vous réellement que Jésus qui a été décrit dans les Ecritures comme étant du coté des exclus, des dénigrés, des marginalisés, croyez vous vraiment que Jésus soutiendrait aujourd'hui des groupes qui harcèlent et matraquent un groupe qui est déjà persécuté ?
C'est un Christ que je ne saurais adorer.
Je suis heureux de croire que Jésus ne serait en aucun cas du coté des "casseurs de gays".
De penser que ces gens disent comme ils ont l'habitude de le dire que le SIDA est la punition de Dieu pour l'homosexualité est abominable".

20.12.2005

Voici qu'il vient l'Emmanuel

   Je suis enfin en vacances de Noël. Je dois dire qu'elles ont bien commencé puisque je reviens d'une retraite de trois jours dans une communauté religieuse où je suis allé rendre visite à un ami qui se prépare à devenir prêtre (Cf Témoignage): un véritable  frère dans le Christ que je n'avais pas vu depuis 3 ans date de la redécouverte que j'avais alors fait de ma foi par une expérience de l'amour de Dieu qui me soutient encore aujourd'hui. Depuis trois ans, en dépit de la distance qui nous séparait , lui étant en Afrique et moi en France, nous avons cheminé ensemble en compagnie de ce Dieu qui nous a donné de nous rencontrer et qui a fait de nous des frères dans la foi.

Installé depuis peu en France, il m'a invité à venir lui rendre visite. Nous avons vécu un grand moment de foi, de prière commune et de méditation qui a renforcé notre amitié et notre fraternité spirituelle à la veille de la Nativité.

C'est donc le coeur empli de joie que je reviens partager avec vous mes interrogations, mes prières et ma foi en Jésus-Christ à l'heure où Rome vient de nouveau augmenter la douleur d'une bonne partie de ses fils et de ses filles en termes très durs. J'aurai l'occasion de revenir sur le texte du Vatican et sur les déclarations intolérables de Tony Anatrella. Mais sûrs de l'amour de Dieu veillons ensemble en attendant le Christ Sauveur et prions pour tous les séminaristes et prêtres homosexuels qui souffrent en ce moment. Prions pour tous les gays et lesbiennes chrétiens qui se sentent rejetés par l'Eglise. Prions pour le Pape et les évêques, pour Anatrella pour que le Seigneur convertisse leurs coeurs et les purifient de leur haine et de leur orgueil.

 

31.10.2005

La sainteté vaincra...

 

    Alors que les vitrines de nos magazins se couvrent de têtes de mort, de citrouilles et autres visages ensanglantés, les chrétiens se préparent à fêter la Sainteté victorieuse, l'amour et la paix plus fort que la mort, que le désespoir.

 

     Alors que notre société banalise au jour le jour la mort et tente de supprimer de sa vue les faibles et la souffrance ( des enfants à naître victimes d'une mort presque industrielle (pilules et avortements à l'accès de plus en plus faciles et banalisés) à nos personnes âgées victimes de notre désintéressement et à qui on promet l'euthanasie plutôt que l'accompagnement et les soins palliatifs), elle fête la mort une fois par an, en se cachant sous la bonne conscience de  la joie des enfants à qui on inculque des préceptes nocifs. Lors de cette manifestation annuelle, elle tente d'exorciser en sacrifiant sur l'autel du profit,  sa peur de la mort et son mal-être profond.

 

Pourtant, dans ce désert spirituel, l'Eglise nous donne de contempler  la source de la Vie et le Ressuscité. Elle nous rappelle la vocation de chacun à la sainteté, c'est à dire la capacité de faire fructifier les dons que nous avons reçus, des dons qui sont indispensable à la Création. A l'occasion de cette fête de la Toussaint, le Seigneur vient nous rappeler l'immensité et la grandeur de notre mission d'homme.  Nous avons à nous libérer de nos chaînes et de ce moi intérieur qui nous cache la réalité de notre être car il est bien souvent qu'un tissu d'égoïsmes et de non-création.  Nous avons à dépasser le robot qui est en nous pour nous rendre indispensables au Monde, pour devenir des personnes unique, pour devenir une source de plénitude, un être vidé de ses chaînes et rempli de la respiration divine. Le père Maurice Zundel dont j'ai repris ci-dessus les thèmes de prédication qui lui étaient chers concluait ainsi un sermon pour Pâques : Etre Homme c'est quitter le robot pour le transformer, le transfigurer, l'intérioriser, et lui communiquer peu à peu une respiration divine, lui donner un visage, en faire une Présence où resplendit la Lumière Divine qui est la respiration de l'éternel Amour.

 

Or seuls les Saints constituent ces espaces de liberté et de lumière où chacun est appelé à venir respirer, à venir se ressourcer pour mieux se mettre à l'école de l'Evangile. Ce sont eux qui constituent par l'exemple de leur vie greffée sur le Christ , les modèles indispensables à la transformation de notre monde. 

 

Profitons de cette fête de la Toussaint pour mieux témoigner de notre foi en la Vie éternelle, en la force irrévocable de l'amour du Christ. Confions nous à la prière de celle qui la Première s'est faite espace de liberté et d'amour, tabernacle du Dieu Vivant pour qu'elle nous aide à sortir de notre torpeur et à accueillir à son école le Don de Dieu pour la vie du Monde : son fils Jésus.

 

 

Voici un très beau chant qu'il m'arrive de fredonner...

La première en Chemin.

Marche avec nous, Marie, sur nos chemins de foi,
ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

La première en chemin, Marie tu nous entraînes, à risquer notre oui, aux imprévus de Dieu.
Et voici qu'est semé en l'argile incertaine de notre humanité, Jésus Christ Fils de Dieu.

La première en chemin, joyeuse tu t'élances, Prophète de Celui, qui a pris corps en toi.
La parole a surgi, tu es sa résonance et tu franchis des monts pour en porter la voix.

Marche avec nous, Marie, aux chemins de l'annonce,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

La première en chemin, avec l'Eglise en marche, dès les commencements, tu appelles l'Esprit.
En ce monde aujourd'hui, assure notre marche que grandisse le corps de son fils Jésus Christ.

Marche avec nous, Marie, aux chemins de ce monde,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

La première en chemin, aux rives bienheureuses, tu précèdes, Marie, toute l'humanité.
Du Royaume accompli, tu es pierre précieuse, revêtue du soleil, tu es transfigurée !

Marche avec nous, Marie, aux chemins de nos vies,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

 

27.10.2005

Les paroles fortes d'un insurgé de Dieu

    A 93 ans, l'Abbé Pierre continue de secouer notre société par des paroles fortes. Dans son dernier livre Mon Dieu....Pourquoi ? l'insurgé de Dieu vient nous rappeler que les  prêtres sont des hommes et que la solitude affective peut être pour certains  un obstacle à un ministère sacerdotal équilibré. A l'heure où l'Eglise est confrontée à une grave crise des vocations dans nos pays occidentaux, l'abbé Pierre propose le mariage comme un choix de vie optionnel à côté du célibat, pour les candidats au sacerdoce.

 

 

Mais l'abbé Pierre ne s'arrête pas là : alors que le Pape Benoît XVI vient d'éditer une circulaire interdisant le sacerdoce aux homosexuels et qui a sans doute suscité de grandes douleurs dans le clergé homosexuel ou parmi les gays appelés au sacerdoce par notre Seigneur, le fondateur d'Emmaüs appelle l'Eglise à changer sa position sur l'homosexualité et à bénir des alliances  entre personnes de même sexe !!

Merci Seigneur pour cette voix que tu suscites dans le désert des chrétiens gays ! Que ton Esprit poursuive son oeuvre d'amour et d'ouverture dans le coeur de tous tes enfants.

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