15.04.2006

Dieu est mort, qu'allons nous en faire ?

 

   Nous sommes à la veille du Jour de la Résurrection. Bien sûr demain je partagerai avec vous mon action de grâces pour la vigile pascale et la messe du Jour de Pâques. En attendant je propose à votre méditation les textes qui m'accompagneront ce soir. Dieu est mort. Nous l'avons crucifié. Comment peut-on atteindre dans notre vie de prière et dans notre vie quotidienne la haute exigence du christianisme ?  Comment sauver Dieu ?

 

Et si nous vivions plus la liturgie et la messe ? Si véritablement nous entrions dans le mystère cosmique de la Sainte Liturgie ? Si nous faisions silence en nous pour entendre cet appel vibrant du Christ en nous ? Et si nous ouvrions nos coeurs à la présence de nos frères  pour incarner notre vie de prière ?

 

Aide moi Seigneur à vivre cette exigence, à faire de ma vie un don pour mes frères.

 

 

Voici donc d'autres textes de Zundel qui nous accompagnera jusqu'au matin de Pâques et après je l'espère. Ces textes, prenons le temps de les goûter, de les relire, de nous en abreuver. Ils sont sur le blog pour cela. Comme une lampe sur cette toile mondiale; la lampe que nous tend le père Zundel pour nous guider vers la Présence.

 

 

Dieu est mort ! Qu'allons nous en faire ? Notre vie chrétienne va-t-elle maintenant prendre toute sa dimension ? Ferons nous que Dieu soit toujours un Dieu vaincu ? Ou bien voudrons-nous, aujourd'hui, qu'Il soit un Dieu vivant, un Dieu ressuscité, un Dieu triomphant ? Là est la question.

La messe est le mémorial de la Croix : c'est la Croix au milieu de nous, c'est l'Amour crucifié remis entre nos mains, c'est le Vendredi Saint. Et il dépend de nous que nous en fassions aujourd'hui l'aube de la Résurrection.

 

 

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En resterons nous au Vendredi Saint ? Ou bien allons-nous donner à Jésus ce triomphe qu'il attend de notre amour, pour qu'il apparaisse au plus intime de nous-mêmes dans la jubilation et la lumière du Jour de Pâques ?

 

Mais quoi ? Nous avons vu dans la messe je ne sais quelle obligation rituelle, tout au plus un acheminement vers une communion solitaire où nous confierons à Dieu nos petites affaires et puiserons ce petit courage dont nous avons besoin pour nos modestes ambitions. On n'a pas vu dans la messe cette chose immense, cosmique, visible, infinie où il s'agit du destin même de Dieu.

Nous ne sommes pas à la messe pour nous satisfaire, pour nous consoler avec " un petit Bon Dieu " à notre mesure, et pour l'emporter en nous comme un viatique nous concernant exclusivement, nous ne sommes pas là pour nous sentir les privilégiés dans un royaume limité à nous-mêmes ; nous sommes là pour tous et au nom de tous et, sans cette communion universelle, il n'y a pas d'Eucharistie.

La consécration serait invalide et impossible sans ce rassemblement universel parce que justement, elle ne peut s'accomplir que dans la communauté, par la communauté et pour la communauté.

Le prêtre n'est pas un magicien, un sorcier qui aurait le pouvoir de de lier Dieu à une parole magique, le prêtre est la voix de la communauté rassemblée, la voix du corps mystique, et qui appelle sa Tête, son Chef, Jésus Christ, qui est en prise sur son corps justement parce qu'en lui il n'y pas de lacune, parce que personne n'en est exclu et que tout le monde est virtuellement présent.

Communier, c'est donc d'abord communier à l'humanité et à l'univers tout entier, c'est opérer cet immense rassemblement de toute l'Histoire depuis ses origines jusqu'à sa consommation : tous les personnages de l'Histoire, de notre Histoire redeviennent contemporains, et il n'y en pas un qui ne puisse trouver dans la messe, dans la liturgie, son accomplissement peut-être définitif.

Il y a une quantité d'êtres qui meurent sans que leur évolution soit achevée et qui trouvent, sans doute, à chaque célébration de la messe, si elle est vécue, leur point d'insertion dans la Vision, c'est à dire l'Eternité, en tout cas ils trouvent dans la messe leur point d'insertion dans cette fusion, dans cette identification avec le Dieu qu'ils portaient en eux mais qu'ils ne connaissaient pas encore parce qu'ils ne lui étaient pas suffisamment présents.

 

Et la messe vue sous cet aspect, est donc un évènement merveilleux : c'est l'Action par excellence, à condition justement qu'elle ait cet aspect si humain parce qu'universel sans lequel elle est même inconcevable.

 

Nous n'allons pas à la messe pour nous, mais pour les autres et avec eux. Nous ne communions pas pour nous mais pour les autres et avec eux.

 

 

Nous sommes la voix et l'appel de chacun

 

Nous sommes la respiration des agonisants, l'espoir des mourants, le soulagement des malades

 

Nous sommes la présence de toutes les solitudes, l'action de grâces de toutes les joies

 

Nous sommes le secours de toutes les tentations

 

NOUS SOMMES LE SACREMENT D'AMOUR POUR TOUS CEUX QUI ONT FAIM ET SOIF D'AMOUR.

 

 

C'est dans l'humanité, à l'intérieur de l'humanité que Dieu a faim, qu'Il a soif, qu'Il est nu, malade, infirme, agonisant et, si on peut oser le dire que Dieu est pécheur ! C'est dans cette humanité que Dieu est fait péché, comme le dit Sainr Paul, c'est dans cette humanité qu'il a besoin de nous. Et où  le prendrions-nous ailleurs que dans notre expérience humaine puisqu'il n'y pas pour nous d'autre source de connaissance que l'expérience humaine ?

 

Aussi célébrer la messe, c'est pour moi toujours nouveau, toujours universel, toujours actuel toujours transfigurant ma vie et celle des autres, mais en n'excluant personne et en appelant chacun à vivre, à se libérer, à renouveler le visage de l'Amour et à ressusciter.

 

O toi Seigneur, le véritable Soleil, répands toi ! Insinue toi en nous ! Brille d'un éclat éternel ! Répands en nos coeurs l'aube de l'Esprit !

 

 

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Prenez et mangez en TOUS car CECI EST MON CORPS livré pour vous.

 

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Prenez et buvez en TOUS,  CECI EST LA COUPE DE MON SANG, le sang de l'alliance nouvelle et éternelle.

 

 

 Le véritable Soleil, c'est cette hostie et ce calice qui s'élèvent et englobent tout l'espace pour le consacrer. Et nous sommes bien là au coeur comme au seuil d'un monde nouveau.

C'est dans cet esprit que nous allons essayer de vivre, dans le silence, cette liturgie dont Il est le fond de tableau, le silence créateur, le silence rédempteur, le silence de l'Amour, le silence de l'Esprit Saint, le silence où Dieu s'annonce au plus intime de notre coeur.

Dieu nous immortalise, Il est la respiration de notre vie, lui seul peut faire de nous une présence universelle qui prend dans ses bras l'Humanité entière et tout l'univers pour en faire une Hostie à la gloire du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Commentaires

Cher Aelred, merci pour tout mon frère.
Tu ne me connais pas, mais je t'aime et supplie le Seigneur de faire descendre sur toi toutes sortes de benédictions !

Le Christ est ressuscité !
Le Christ est ressuscité !
Le Christ est ressuscité !
Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

Très bonne fête de Pâques !

Samuel

Ecrit par : Samuel | 15.04.2006

Cher Samuel

Je suis très touché par ton affection. N'hésite pas à m'écrire par le biais de l'adresse mail qui est en en tête du site.

Tu seras dans ma prière fraternelle désormais.

Que le Seigneur te donne et nous donne cette force d'aimer et cette capacité à être une présence silencieuse pour nos frères et à réaliser notre vocation : être un sacrement d'amour pour tous ceux qui ont faim et soif d'amour.

Ecrit par : Aelred (administrateur du site) | 15.04.2006

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