04.08.2006

Sortons de notre sclérose !

 

Chers amis,

   Avant de partir cinq jours à la mer, je souhaitais soumettre à votre réflexion un texte assez intéressant de l'évêque émérite d' Amiens , Mgr Jacques Noyer, que j'ai trouvé sur la toile. Ce texte écrit à l'occasion de la polémique autour du livre de l'abbé Pierre est, au-delà de cette affaire que je ne souhaite pas remettre sur le tapis, très éclairant sur la sclérose actuelle d'une partie de notre Eglise catholique qui a du mal à vivre du souffle de l'Esprit, pour partir à la rencontre des gens d'aujourd'hui ou des individus mis au ban de la communauté ecclesiale et autres chrétiens de second zone à qui l'on refuse des sacrements au nom de la VERITE. A croire que la vérité est un Pharaon autour duquel on tournerait en extase et qui excluerait par la voix de ses ministres tel ou tel individu...Or la Vérité c'est une Personne, Jésus Christ, le premier des exclus,  c'est un peu ce que nous rappelle ce texte. Il vient aussi nous dire l'urgence pour  une partie de l'Eglise de descendre de son nuage pour regarder l'humanité dans les yeux.

Une petite méditation sur le pharisianisme aujourd'hui, attitude qui concerne tout le monde et pas seulement les homophobes ....

 

     J’ai lu les confidences récentes de l’Abbé Pierre auprès de Frédéric Lenoir. Je les ai reçues comme des goulées de liqueur réconfortante. La longue vie intérieure dont il témoigne avec tant de simplicité et de vérité a dessiné pour moi un chemin sur le quel, de mon coté, je tente d’avancer.

 

Les réactions provoquées par ce livre, tant chez certains reponsables de notre église catholique que dans le courrier de plusieurs journeaux, m'ont fait du mal. Elles manifestent deux Eglises contradictoires incapables de se comprendre. D'un coté, des hommes travaillés au coeur par l'Esprit ; de l'autre des Docteurs cachant leur humanité derrière la Vérité qu'ils proclament. D'un coté, un peuple de pécheurs portant le feu de Dieu dans des vases fragiles; de l'autre, une insitution cachant son arrière-boutique douteuse derrière la vitrine éclairée de mille feux. On peut appeler voyeurisme le désir des journalistes d'aller visiter les fonds du magasin.Il peut y avoir chez l'un ou l'autre du plaisir à déboulonner la statue d'un prophête dérangeant. On peut regretter les implications mercantiles qu'engendrent des interviews exclusives pour tel ou tel média.On peut aussi, comme le fait l'Abbé lui même, déplorer qu'on ne lise que quelques pages de son livre en oubliant le bel acte de foi trinitaire et euchatistique qui en est le centre. Mais on ne peut soupconner les complices de son témoignage de lui avoir extorqué des secrets. Le faire, c'est dénaturer la fécondité d'une telle parole.

 

Certains ont été choqués par la découverte qu'un saint n'est pas à l'abri des tentations ou des faiblesses. On lui a reproché d'avoir confondu la télé et le confessionnal. Des prêtres ont pu craindre qu'on jette le doute sur leur propre fidèlité. Cela révéle quel pharisaisme guette notre vertu ! Sans livrer à l'opinion des secréts d'alcove, doit-on se cacher pour dire qu'on est pécheur ? D'autres sont se sont scandalisés qu'un voix aussi importante dans notre Eglise de France envisage l'appel au sacerdoce d'hommes mariés, et même de femmes, alors que le Pape a exprimé si nettement un avis contraire. C'est dire à quel point s'est installé une peur de penser et de dire dans certaines sphères de notre Eglise.

 

L'Abbé Pierre a su, tout au long de sa vie, faire entendre l'Evangile en réveillant dans les consciences endormies l'esprit des béatitudes. Tant de sermons, légitimement soucieux d'orthodoxie, appuyés sur les dogmes, les conciles et les catéchismes passent, inefficaces, sur les foules somnolentes.

 

Une fois de plus, il donne voix et figure d'une Eglise capable de donner un sens aux questions des hommes. Pour cela, il a parlé vrai, sans réciter un discours tout fait. Cela fait tant de bien d'entendre Jésus aujourd'hui dans la vérité d'un homme.

 

 

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Commentaires

Si je comprends bien, je dois être un peu pharisien...
Précision: l'Eglise catholique ordonne validement des hommes mariés dans les Eglise orientales avec l'accord du pape! C'est seulement (si j'ose dire) et uniquement dans l'Eglise catholique de rite latin (occidental) qu'on a rompu cette discipline que j'espère voir restaurée dans l'Eglise catholique toute entière. Trouvons-nous choqaunt que les évêques orientaux appelent au sacerdoce des hommes mariés au Liban , en Egypte, en Irak, etc..? C'est sans doute moins simple à mettre en oeuvre qu'à l'écrire. Mais il faut relire les texte dui Concile Vatican II qui ne tarissent pas d'éloges pour les Eglises catholiques orientales et dont le Concile a réaffirmé la spécificité (autrement dit, pas question de revenir entre autres sur la discipline d'usage en Orient qui permet l'ordiantion d'hommes mariés ou célibatiare). Benoît XVI est aussi leur pape! Alors, les deux traditions peuvent-elles se rejoindre sur ce point?

Ecrit par : benoît | 09.08.2006

Quelle vigueur dans cette lettre de Mgr Noyer !!!
Merci d'en avoir fait part.

Ecrit par : Ben | 09.08.2006

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