25.10.2005

François, va et rebâtis mon Eglise....

    Je tenais à partager avec vous ma vénération pour St François d'Assise qui à mes yeux incarne le modèle parfait du disciple du Christ, tout à la fois homme des Béatitudes, de la Passion salvatrice et de la Résurrection. L'Eglise fête ce grand saint le 4 octobre. Quelques éléments biographiques : Francesco (1182-1226) est le fils d'un riche marchand drapier d'Assise. Après une jeunesse dorée, il est tenté par la vie de soldat mais après plusieurs échecs militaires et des maladies, il s'engage dans une conversion intérieure. Il se retire dans une grotte près d'Assise où il s'occupe des pauvres. Un jour alors qu'il adorait le Christ crucifié devant le crucifix de la chapelle de St Damien, il entend le Seigneur lui dire : "François, va et rebâtis mon Eglise en ruine ...."

Dès lors François se dépouille de tous ces biens, renonce à son héritage pour épouser Dame Pauvreté comme il le dira lui-même....Il mène alors avec ses compagnons, les frères mineurs (fondés en 1209) une vie radicalement évangélique, celle des Béatitudes. Heureux les Pauvres  tout François est dans ces mots. Joie et pauvreté, simplicité du coeur, tendresse pour tous les hommes et pour toutes les créatures, humble respect pour les ministres de Jésus c'est le message de libération et de paix qu'il annonce à ses frères et qu'il nous transmet aujourd'hui. Mais par dessus tout François, qui a reçu les stigmates de la Passion sur le mont Alverne en 1224 a livré toute sa vie au mystère de la Croix, au mystère de ce Dieu fait Homme qui est mort de notre mort et nous appelle à vivre de sa Vie.

Après cette brève présentation de François, voici une introduction à la méditation du crucifix de Saint Damien ou icône du Christ transfiguré , qui résume à lui seul tout le mystère de la spiritualité franciscaine.

Réalisé pour le maître autel de la petite chapelle de San Damiano par des moines syriens au 12 ème siècle, ce crucifix a été conservé jusqu'à nos jours par les Soeurs Clarisses de San Giorgio (branche féminine des franciscains).Dans la tradition orientale qui était celle des artistes, l'icône est une représentation du Dieu vivant , une fenêtre ouverte sur le sacré qui permet une rencontre personnelle avec le Seigneur, à travers la grâce de l'Esprit-Saint. L' icône de San Damiano est donc une rencontre personnelle avec le Christ transfiguré - Dieu fait homme. Le Crucifix contient l'histoire de la mort, la résurrection, et l'ascension en gloire. Il exprime le mystère pascal total et universel du Christ. Il nous invite tous à y participer avec une foi animée et vécue, comme a fait Saint François. La mort du Christ qui nous sauve est montrée dans l'Évangile de Saint Jean dans sa majesté sereine, et ce crucifix dépeint ceci dans la forme d'une image. Il n'étonne pas que Saint François était attiré par cette icône et que l'inspiration pour sa vie vint par ce Christ qui lui parla " Va et répare mon Église.... ". Le message suivant présente une exégèse rapide du crucifix (extraite en partie du site http://sanfrancesco.org) qui, je l'espère vous aidera à découvrir la spiritualité franciscaine.

 

 

 

 

 

 

  

 

L'icône du Christ Transfiguré

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L'image du Christ :

La figure centrale de l'icône est celle du Christ, pas seulement en raison de la dimension relative, mais aussi parce que le Christ est une figure de lumière qui domine la scène, et qui donne la lumière aux autres figures. Je suis la Lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. (Jean 8 :12). Le Christ se tient debout, non cloué. Ses yeux sont ouverts : il regarde le monde qu'Il a sauvé. Il est vivant, Celui qui est éternel. Le vêtement de Jésus est un pagne simple - un symbole du prêtre et aussi de la victime. Sa poitrine, sa gorge et son cou sont très forts. Jésus donne la puissance de la re-création à ses disciples (Jean 22 :23). Il respira sur ses disciples (Jean 20 :22), le mot grec utilisé, rappelle le moment de la création (Gen 2 :7). L'ombre au-dessus du visage de Jésus est augmentée par le fait que l'auréole et le visage sont inclinés vers l'avant sur l'icône original. L'humanité du Christ voile la vraie gloire de la Parole qui vit dans l'obscurité éclatante superbe de la divinité. Derrière les bras tendus du Christ est son tombeau vide, montré comme un rectangle noir.

 

Le médaillon :

L'Ascension est dépeinte dans ce cercle rouge : Le Christ est en train d'éclater du cercle, tenant une croix d'or qui est maintenant son sceptre royal. Ses vêtements sont dorés - un symbole de royauté et de victoire. Son écharpe rouge est un signe de son royaume d'amour. Les anges l'accueillent dans le ciel.


 

La main du Père :

Dans le demi-cercle en haut de l'icône, qu'aucun oeil n'a vu, se révèle dans une bénédiction. Cette bénédiction est donnée par la main droite de Dieu avec le doigt étendu - l'Esprit saint. Le Père donne le cadeau de l'Esprit saint à tous  en raison des mérites de la passion du Christ.

 

La Vigne mystique :

Autour de la croix, se déploient  divers rouleaux calligraphiques qui pourraient représenter la vigne mystique, Je suis le cep, vous êtes les sarments.....  (Jean 15) phrase qui précède Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.  À la base de la croix, il semble qu'il y a une roche - le symbole de l'Église. Les coquillages sont un symbole d'éternité - un mystère caché dans la mer vaste et éternelle d'éternité.

 

Les personnages au pied de la Croix :

Une des grandes originalités de ce Crucifix , c'est bien la multitude des personnages qui entoure le Christ transfiguré et qui est comme emportée par la Lumière de la Résurrection.

Marie et Jean :

 

Comme dans l'Évangile de Jean, Marie et Jean sont mis côte à côte. Le manteau de Marie est blanc symbolisant la victoire (Apo 3 :5) et la purification, (Apo 7 : 14) . Les gemmes sur le manteau se rapportent aux grâces de l' Esprit-Saint. Le rouge foncé porté sous le manteau indique l'amour intense, alors que l'intérieur pourpre de la robe symbolise l'arche de l'alliance (Exo 26 1 :14). La main  droite  de Marie montre Jean, et ses yeux déclarent son acceptation des mots du Christ, " Femme, voilà ton fils.... " (Jean 19 :26). Le sang s'égoutte sur Jean à ce moment. Le manteau de Jean est de couleur rose signe de  sagesse éternelle, et sa tunique est blanche en signe de  pureté. Il regarde Marie, " Fils, voilà ta mère... " mais il montre du doigt  le Christ.

 

Les pauvres de l'Evangile :

 

Outre les représentations traditionnelles de Marie et de Jean, ce sont tous les pauvres de coeur et les petits de l'Evangile qui sont happés par la Lumière d'Amour dans la joie et la paix (remarquez leur sourire). Oui ce sont bien tous ceux que la société du temps de Jésus et que notre société exclut qui sont les premiers à entrer dans le Royaume des Cieux : Marie-Madeleine, la prostituée repentie et le centurion de Capharnaüm, son esclave guéri par Jésus sur l'épaule. La figure du centurion et de l'esclave est d'ailleurs intéressante. Comme nous l'indiquait notre ami Didyme dans son blog (voir la rubrique liens dans mon site), l'esclave en question (puer dans le texte latin et Païs dans le texte grec) était très certainement le compagnon du centurion comme il était courant à l'époque. Or Jésus n'a pas relevé cette homosexualité mais au contraire, a guéri le jeune homme et a loué la foi du centurion que l'icône symbolise par le pouce et les deux doigts étendus du soldat signe de reconnaissance de la Trinité.  Un beau signe d'espérance pour les chrétiens gays que nous sommes !! Une autre femme est aussi représentée. Les spécialistes voient en eux la mère de Joachim mais elle représente assurément toutes les figures inconnues de l'histoire que le Christ a rencontré, tous ces serviteurs inutiles dont l'humilité et la foi sont ainsi récompensées. A noter aussi la présence discrète en bas à droite d'un des deux bourreaux du Christ que le Seigneur a pardonnés, le second étant sur le côté gauche du crucifix.

 

Les anges étonnés et ébahis par le mystère d'Amour

 

 

Il y a deux anges qui discutent avec vivacité de la scène révélée devant eux. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. (Jean 3 :16) .

 

Le tombeau vide :

 

 

Comme nous l'avons mentionné plus tôt, derrière le Christ se trouve le tombeau ouvert. Le Christ est vivant et se tient debout au-dessus du tombeau. Le rouge d'amour surmonte le noir de mort. Les gestes des saints inconnus à ses mains indiquent la foi. Est-ce que ceux-ci pourraient être Pierre et Jean au tombeau vide ? (Jean 20 : 3-9).

 

Le coq (l'exégèse le mentionne mais je ne le vois pas  !) :

 

D'abord, l'inclusion du coq rappelle la dénégation de Pierre qui pleura amèrement. Ensuite, le coq proclame la nouvelle aube du Christ ressuscité, le Lumière vraie (1Jean 2 :8). Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de la justice, et la guérison sera sous ses ailes.  (Mat 4:2)

 

 

 

Comme vous l'avez remarqué cette icône est en fait la plus belle illustration de l'Evangile de Jean et de la spiritualité franciscaine par la sérénité et la joie qui s'en dégagent. Je vous invite à consulter le site des Frères franciscains du Bronx dont l'apostolat auprès des exclus de New York est un signe tangible de l'amour du Christ au coeur de l'inhumanité de nos mégapoles. (www.franciscanfriars.com) Le formidable reportage du journaliste français  Luc Adrian sur cette communauté ( Des Fleurs en Enfer aux Presses de la Renaissance) est aussi incontournable et marque profondément par les témoignages d'amour qui y sont donnés.

 

Dieu qui as donné à St François d'Assise de mener une vie humble et et pauvre, toute à l'image du Christ, fais nous emprunter les mêmes chemins pour suivre ton Fils et vivre unis à toi, pleins de joie et de charité. Amen

 

23.10.2005

Programme pour les prochains jours....

Me voilà de retour pour une dizaine de jours. Un temps de vacances...studieuses et spirituelles bien mérité. Je vous ferai part sous peu des grandes lignes de mon intervention du 5 novembre prochain au groupe gay de la cathédrale américaine de Paris (voir le site de Gayanglican) autour du thème : "A la rencontre de St Aelred de Rievaulx : méditations et partage sur l'amitié spirituelle". Je suis actuellement en train de lire le traité de l'amitié spirituelle d'Aelred et de le méditer. Je vous ferai partager mes réflexions très prochainement.

Je vous parlerai aussi cette semaine de St François d'Assise que nous avons fêté le 4 octobre dernier et qui est un de mes saints favoris.

En union de prières,

Aelred (je tiens à rappeler que ce n'est que mon pseudonyme).